Variation IV
☼ 09/06/2013
'' Variation IV - Rendez-vous public le dimanche 9 juin à 16h00 ''
Résidence d'un danseur au GAEC La ferme de Bouysset chez Vincent, Antoine et Thomas, en partenariat avec l'Eté de Vaour
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∼ Été de Vaour ∼








Été de Vaour

Été de Vaour

"C'est une vraie association, avec une vraie culture associative, et tout ce que ça comporte de va-et-vient, d'histoires de personnes."
"On est dans une démarche de médiation, d'ouvrir le travail de la création au public."
"Le goût pour la curiosité."


Depuis plus de vingt cinq ans maintenant, l'Été de Vaour anime le territoire tarnais autour de Vaour. À ses débuts en 1986, l'association portait avant tout le Festival du Rire. Puis peu à peu, l'association a évolué, les générations se sont succédées, pour que dans les années 90, l'association se professionnalise et commence à asseoir la notoriété de son festival, et un peu plus tard encore, elle se mit à développer d'autres interventions pendant toute l'année : les rendez-vous culturels.
L'association s'est transmise et transformée : les générations n'ont pas fait que se relayer, elles se sont mélangées, et avec elles les idées ont évolué. Comme le remarque Jonathan Renard, à la direction artistique de l'association depuis 2008, l'Été de Vaour est portée par "une vraie culture associative, et tout ce que ça comporte de va-et-vient, d'histoires de personnes." L'Été de Vaour reste transgénérationnelle : elle vogue sur les âges, sans coupure véritable, ni dans l'implication sur le territoire, ni dans une volonté forte de s'inscrire pour longtemps encore dans le paysage de Vaour et des alentours. D'ailleurs aujourd'hui, l'association continue de mener de front ses deux principales actions qui nourrissent un objectif commun, toujours poursuivi : rendre la culture accessible en milieu rural - tant pendant le Festival du Rire qu'aux différents rendez-vous durant l'année.
Le Festival du Rire, qui a lieu chaque année au mois d'août, continue à être le moment de diffusion d'une programmation riche, avec des artistes à l'envergure nationale ; le festival jouit maintenant d'une réputation bien ancrée - il a accueilli 20 000 à 25 000 visiteurs sur 6 jours l'an passé. Avec ce projet là, comme l'explique Jonathan Renard : " On est vraiment dans de la diffusion, sur un temps événementiel et estival, avec beaucoup de gens de passage sur le territoire. Alors qu'à l'année, on essaye de créer un lien qualitatif, plutôt qu'un lien quantitatif, et de travailler avec la population locale. "
Ce lien avec les gens des alentours se crée bien plus à l'année lors des Rendez-Vous Culturels, qui constituent la seconde activité principale de l'association. L'action culturelle s'est ancrée et pérennisée au travers de ces rendez-vous réguliers. D'ailleurs, c'est aussi en investissant un lieu, avec l'appui de la mairie, que l'activité de l'association a pu se développer tout au long de l'année, sous une forme bien différente de celle menée lors du festival.
Ce lieu, c'est la Commanderie des Templiers, ancienne forteresse médiévale transformée en théâtre aujourd'hui. Depuis 2005, 190 spectateurs peuvent y être accueillis tout au long de l'année. Mais l'Été de Vaour a pris le parti d'en faire un espace de travail, disponible et équipé, et non de le réserver à de la diffusion. Ainsi, une forme d'échange a été mis en place, apportant à ce lieu une importance capitale dans la démarche de l'association : la Commanderie héberge des artistes en résidence, tout au long de l'année, et le public local a l'occasion de les rencontrer à chaque fois, lors des rendez-vous organisés. De la sorte, le lieu offre la possibilité que l'action culturelle soit faite par les artistes eux-mêmes, que le processus de création et les enjeux artistiques puissent être approchés par le public. Grâce à cet espace de travail exceptionnel, les artistes jouissent d'une immersion tranquille dans le lieu, puis lors des phases de partage et d'ouverture du travail, ils présentent une création aboutie ou en cours, pour que s'engage ensuite la discussion.
"On veut sortir d'un rapport de consommation à l'art. Expliquer que les artistes sont aussi des gens qui travaillent. Mais aussi échanger sur notre point de vue à nous, en tant que structure et diffuseur, revendiquer qu'on ne s'inscrit pas dans de la consommation de spectacles, qu'on aime bien être dans le lien, (…) poser un regard sur un travail en cours, et pouvoir peut-être aider à l'orienter, ou au moins lui en donner des moyens. On a envie de partager cette démarche avec le public." (JR)
Lors de ces rendez-vous, l'Été de Vaour essaye de diversifier les propositions. Jonathan Renard note d'ailleurs : "(…) On veut sortir de la ligne artistique du festival, qui est vraiment axée humour, et aller sur une variété de tons et une variété de disciplines, en restant sur du spectacle vivant, car on ne s'attaque pas aux arts visuels (…). On fera certainement des résidences d'écriture, mais dans l'idée que ce soit des écritures de spectacles aussi, des écritures dramaturgiques (…). On souhaite donner sur un même projet, divers regards, à différents stades d'avancement de la création, pour le public local. On est dans une vraie démarche de médiation, d'ouvrir le travail de la création au public."
Ainsi, des allers-retours entre festival et résidences, s'opèrent évidemment, mais "rien n'est systématique". Que ce soit dans le choix des artistes, dans l'orientation de la programmation, dans les thématiques abordées, etc., tout peut être mis en résonance, appelé par le festival ou lors les rendez-vous à l'année. Mais l'Été de Vaour prend soin de ne pas confondre les actions, ni de les malmener : tout est rendu perméable, seulement quand ça enrichit le projet. D'ailleurs, c'est avant tout cette "démarche de médiation et d'action culturelle" qui est revendiquée par l'association, et qui prend différentes formes pour poursuivre un unique but. Pour cela, tout est possible, les idées sont à prendre.
Cette démarche semble porter ses fruits auprès du public local, qui s'étend à un rayon de 25 km environ autour de Vaour, le noyau dur. Ils jouissent, grâce à l'association, d'une multitude de rendez-vous culturels, réguliers, d'un suivi sur les projets créatifs, d'un accompagnement. D'ailleurs, comme le fait remarquer Jonathan, le nombre de spectateurs potentiels lors de ces rencontres s'est stabilisé. " Ce qu'on a réussi à faire ce n'est finalement pas fidéliser le public dans le fait de le faire venir sur toutes les actions, (…) mais notre cercle de public potentiel s'est élargi. "(JR) Et en effet, l'Été de Vaour poursuit son objectif, avec fidélité et endurance : le public semble s'y habituer et s'étendre. On remarquera d'ailleurs que deux écoles locales viennent plusieurs fois dans l'année au théâtre, notamment dans un partenariat avec la FOL. On peut prétendre que tous ces enfants qui viennent observer régulièrement le travail des artistes en résidence développent une sensibilité à l'art et au processus de création… Ce à quoi Jonathan ajoute : " Ce travail de sensibilisation ne génère pas forcément une pratique, mais au moins un intérêt, un goût pour le spectacle, voire une connaissance (…). Le goût pour la curiosité. Ça, c'est super important je trouve…" L'Été de Vaour est partenaire du projet Gestes de Terre à l'occasion de deux rencontres : tout d'abord lors de la quatrième et dernière Variation, puis en Octobre prochain, lors de la restitution chorégraphique du projet, La Ronde, qui aura lieu à Vaour.

VARIATION IV
Du 03 au 07 Juin 2013, Penne
Rendez-vous public : dimanche 09 Juin 2013, 16h00


L'Été de Vaour organise la rencontre entre la danseuse Sylvie Pabiot et la ferme de Bouysset, chez Vincent, Antoine et Thomas. Ce GAEC coordonne plusieurs activités, de façon traditionnelle : ils y font de l'élevage de brebis, du lait, du fromage, du maraîchage, une partie apiculture. Comme le dit Jonathan, deux aspects ont motivé le choix de cette ferme. Le premier étant d'offrir à la compagnie des interlocuteurs "qui pouvaient à (son) sens permettre des choses - ils sont aussi entourés de beaux paysages, et ils ont cette richesse particulière liée à la diversité de leur activité."
Le second étant leur démarche singulière et la diversité de leurs activités que Jonathan voulait aussi mettre en lumière : porter l'image d'une "agriculture jeune, dynamique, alternative".
Cette première phase de rencontres dans le cadre de Gestes de Terre, joue un rôle primordial dans ce partenariat entre le groupe Unber Humber et l'Été de Vaour.
En effet, si l'association a l'habitude de travailler avec des formes chorégraphiques, elle aimerait s'ouvrir à la danse contemporaine. Et comme le reconnaît Jonathan Renard, c'est un domaine où ils ont encore beaucoup à apprendre. Cette phase d'immersion d'un danseur chez des agriculteurs présente ainsi un aspect très singulier qui les a séduit immédiatement : il permettrait d'amener cohérence et sens à une future diffusion de danse contemporaine. Jonathan Renard remarque qu'ils aimeraient arriver à faire tomber l'image du danseur contemporain dont on ne comprendrait pas le langage, en montrant par le biais d'un projet comme la Variation 4, que la danse se nourrit de choses concrètes, que le travail de collectage, montré, donne corps à une création future. Variation IV posera donc le contexte d'une rencontre en Octobre, et permettra peut-être d'aller encore vers d'autres horizons dansés plus tard.
Cette phase de Gestes de Terre, entre en résonance avec le but que se fixe l'Été de Vaour, qui est aussi celui d'accompagner et faire comprendre : ici en montrant une démarche artistique, ailleurs en partageant autre chose.
"Faire de la médiation. Pas juste mettre un truc sous le nez des gens, mais aussi leur expliquer ce qu'il se passe et pourquoi ça a cette forme. (…) Pour moi ça participe de ce lien qu'on essaye de tisser avec les gens. (…) On ne fait pas de l'art pour faire de l'art, on fait aussi de l'art pour le partager, et faire en sorte que peut-être les gens s'en emparent, et que ça nourrisse leur quotidien, au moins leur réflexion, pourquoi pas leurs pratiques."(JR)

La Ronde, 12 Octobre 2013, Vaour

Le théâtre de la Commanderie accueillera le groupe Unber Humber en octobre prochain, pour préparer la création et la restitution de La Ronde. Cette forme chorégraphique témoignera du "collectage" qui aura eu lieu tout au long du projet Gestes de Terre.

Quelle est votre relation à la terre ?

Pour moi, on va parler de la terre en tant que sol, la matière - pour ne pas parler de la planète, parce que c'est encore autre chose.
Je suis né en milieu rural, ici, à 5 km, mes parents étaient agriculteurs, éleveurs de chèvres et fromagers. Ils ne le sont plus aujourd’hui. Mon rapport à la terre est donc dicté par le fait que la nature a toujours fait partie de mon environnement direct, proche. J'ai toujours eu ce lien direct avec elle, même si je n'ai jamais eu envie d'être agriculteur ou que je ne cultive pas de potager. Je ne passe pas énormément de temps à l'extérieur, mais c'est quelque chose qui a toujours fait partie de mon inconscient et de mon environnement et que je respecte en tant que tel. (…) Je suis un grand cérébral, j’intellectualise beaucoup, je ne suis pas un manuel.
De mon point de vue, la terre est surtout nourricière. J'ai en quelque sorte la "reconnaissance du ventre" : je suis un bon vivant, qui mange beaucoup, et la nourriture est quelque chose de très important pour moi. Vraiment. (…) Pour moi c'est la terre qui me donne la nourriture. Donc j'ai ce respect là. C'est ça l'idée majeure.

Jonathan Renard, Responsable de projet & chargé de la programmation, direction artistique.


Mes parents sont archéologues et donc pour moi, la terre signifie source de trésors. Mon premier chantier : j'avais un an. Chez mes parents on a un très grand jardin où on y cultive le potager et plein d’espèces de fleurs et d'arbres fruitiers. La terre c’est essentiel. Nous mettons les mains dans la terre dès qu'on marche… et on aime ça.

Anaïs Forgeot, assistante communication.
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