Variation I
☼ 07/04/2013
'' Variation I rendez-vous public le dimanche 7 avril à 16h30 ''
Résidence d'un danseur à la ferme Le Planet, chez Martine et Jean-Pierre Garrouste
en partenariat avec l'AFIAC
⇒ Saint Gauzens ⇒ Fiac

∼ AFIAC ∼

Quelle est votre relation à la terre ?

Non, non je n'ai pas horreur de la terre. J'adore jardiner. Je n'ai pas de jardin. C'est ça le problème. Ca me manque d'ailleurs, et j'aimerais bien avoir un petit bout de jardin pour gratter la terre. Et puis j'ai aussi passé mon enfance à la campagne pas mal, et j'ai adoré ça, puisque j'étais toujours fourré chez les fermiers, je voulais devenir vétérinaire. J'adore la terre, j'adore les paysans. J'adore cet univers là, (…).

Patrick Tarrès, initiateur du projet AFIAC et directeur artistique de l'association.


Qu'est-ce pour vous : gestes de terre ?

C'est intéressant ce rapprochement entre le geste du danseur et le geste du travailleur.

Patrick Tarrès, initiateur du projet AFIAC et directeur artistique de l'association.





proposer un cadre
qui nous décentre par rapport à notre pratique
ou passer de la salle de spectacle à la ferme,
et aller à la rencontre...
écouter comment une expérience se transmet
écouter ce que la danseuse a vécu durant une semaine dans la ferme.
échanger par la parole autour d'une table
prendre des notes
et en extraire des mots
de ces mots construire une nouvelle liste
de mots.
ne pas savoir où l'on va
se laisser guider par ce qui nous entoure, par les choses en présence.
improviser une méthode de travail qui épouse au mieux la réalité du lieu, l'expérience vécue et témoigne de la rencontre humaine.
émettre le désir de faire quelque chose d'"utile", d'accomplir une tâche ensemble.
partir improviser sous la pluie avec toutes les paroles que l'on vient de partager, avec l'empreinte de nos hôtes, avec le lieu
se donner la possibilité d'être dans le mouvement, dans le son ou la parole, sans catégorisation professionnelle mais en tant que corps avec toutes ses potentialités
et vivre ce moment intensément.
apprendre une chanson "Golondrinas" de Paco Ibanez transmise par Martine.
lire un texte de Jean-Pierre, "Tassili"
être en sympathie et perdre le fil parfois...
décider de débarrasser une coupe de bois dans un "fossé" et de construire un bûcher pour la fête de la Saint Jean dans une "carrière"
et que cela deviennent Le fossé et La carrière.
faire quelque chose qui nous rassemble, qui nous oriente, avoir un horizon commun d'actions.
laisser reposer.
finir de construire une méthode.
attendre le public et être heureux qu'il soit au rendez-vous.

LIEN
reproduire le geste de l'autre
toucher
suivre
construire ensemble
ficelle agricole
fil
se tenir par la main

REPOS
respirer
gonfler (pâte à pain)
s'asseoir
rêver
contempler
prendre le temps
allonger sur le dos
regarder

TRAJETS ENTRE LES CHOSES
intervalle
jet de pierres
marcher
rouler
chemin
voir
prendre son temps
penser

GESTES RÉPÉTITIFS
machine
improviser
artisanat
taper
pétrir
ouvrir et fermer les yeux
goutter
respirer

DIRECT
flèche
voix
poing
rapide
contact
toucher
chute, qui tombe

SENSIBLE
peau
air
haleine
humidité
chaux
espaces vides, espaces entre
odeur
pelage
yeux fermés

MATIÈRE
cailloux
argile
pomme de pin
peinture rupestre
du lait au beurre
mou

TRAVAIL
vache musicale
dammer la terre
concentration
juog
répéptition
plaisir
présence
jour
activité
mains, bras, jambes
engagement
posture

AFIAC
Association Fiacoise d'Iniative Artistique Contemporaine
www.afiac.org

" On n'a pas de lieu. On va vers le public, pour révéler de nouveaux publics."
" C'est notre spécificité : on n'a pas de lieu de monstration pour les oeuvres. On va à la rencontre des publics et on les sollicite non seulement pour être publiques, mais aussi pour partager de façon un peu privilégiée cette rencontre avec le monde de l'art, l'artiste, le processus de création ; voir ce qu'est un artiste, comment il travaille, comment en partant de rien on arrive à la réalisation d'une oeuvre d'art. Tout le processus de création : on essaye de faire en sorte que les gens puissent partager cette aventure, généralement réservée justement aux professionnels de l'art. C'est ouvert aux gens qu'on sollicite, qu'on va voir pour proposer de vivre une aventure de cet ordre là."
Patrick Tarrès


L'AFIAC est une association fondée en 1998, à l'initiative de Patrick Tarrès, directeur artistique de l'association. L'originalité de cette association est son absence de lieu de monstation et sa propension à aller vers les gens, de révéler sans cesse de nouveaux publics. La principale action menée prend la forme de résidences d'artistes chez l'habitant, autour du village de Fiac. Ainsi, chaque année, le dernier week-end du mois de juin est l'occasion pour des artistes d'être accueillis en résidence dans dix familles des environs de Fiac. Suite à une première rencontre et au repérage du lieu, l'artiste est invité à réaliser un projet spécifique que l'AFIAC produit. Suite à cette phase créative, le lieu est ouvert au public pendant ce week-end estival et l'espace public de Fiac est investit autour de rencontres thématiques, repas et moments de convivialité, qui permettent aux habitants de se retrouver pendant ce moment consacré à l'art contemporain.
L'AFIAC manifeste aussi sa présence pendant toute l'année au café du village de Fiac : sont organisées des rencontres tous les premiers vendredis du mois, de novembre à mai, durant lesquelles chacun est invité à venir converser et débattre autour de l'art contemporain. Le public alentour s'étant formé avec ces interventions d'artistes ou de professionnels du monde de l'art, les débats sont devenus presque trop éclairés, et ont aujourd'hui été transformés en café-performance. Ainsi, l'AFIAC ne cesse de poursuivre son but : faire découvrir l'art contemporain en milieu rural, et ouvrir sans cesse à d'autres. L'association vise aussi la sensibilisation des jeunes publics, encore une fois sous la forme de résidences d'artiste, notamment au travers d'interventions en milieu scolaire, pénitentiaire pour mineurs ou encore, hospitaliers.
Cette insertion de l'art contemporain en milieu rural relève avant tout de l'envie de générer du lien social et d'amener une part de vie citadine à la campagne ; les artistes sont amenés à fréquenter ces lieux et surtout, leurs habitants. D'ailleurs, comme le dit Patrick Tarrès, de belles choses se produisent : la proximité humaine et artistique aura fait naître des rencontres parfois insolites, des vocations de collectionneurs, des curiosités nouvelles pour l'art, et aura évidemment enrichi le lien social dans le village.


VARIATION I
Du 1er au 6 avril 2013


L'AFIAC est le partenaire associé à la Variation I du projet Gestes de Terre. Ils organisent la rencontre entre la danseuse Mathilde Olivarès et la ferme Le Planet, où Martine et Jean-Pierre Garrouste la recevront en résidence pendant 5 jours.
Ayant déjà eu l'occasion d'accueillir des danseurs et chorégraphes lors des rencontres au café du village, l'association témoigne déjà d'un intérêt pour la danse contemporaine. Le spectacle vivant dépendant d'un système de production moins lourd, invite aussi à un rapport au public différent et très intéressant qui donne aussi envie à l'AFIAC d'insérer la danse dans ses actions plus orientées vers l'art contemporain en général ; les univers artistiques se croisent.
La participation de l'AFIAC dans le projet Gestes de Terre s'ancre d'ailleurs dans son action pérenne sur le territoire tarnais, et répond à la demande croissante des habitants.

"Moi j'ai hâte de voir, je ne peux pas savoir comment ça va se passer. Je n'ai jamais travaillé avec Patricia… Au stade où on en est là on ne peut pas savoir… Elle m'a expliqué qu'on parle de danse mais que ça pouvait ne pas forcément être du mouvement ; que cela pouvait être de la parole, que ça pouvait être autre chose. Je vais suivre évidemment l'évolution du travail sur place, ça m'intéresse."

La ferme qui accueillera la résidence avait déjà été le lieu d'une résidence organisée par l'AFIAC. Le choix a aussi été porté vers cette ferme car elle travaille la terre de manière très traditionnelle, et comme le suggère Patrick Tarrès : " quitte à être dans le geste de terre, autant être chez un agriculteur qui touche la terre, pas un qui roule dans un espèce d'habitacle insonorisé climatisé, en écoutant France Culture. C'est ça qui a fait le choix finalement. "
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